Poker, et idées reçues

Le jeu a mauvaise réputation. Peut-être parce qu’il est aux antipodes de la notion de travail, et que le travail est la base de construction des sociétés judéo-chrétiennes :
Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front!

Quand il s’agit de jeu d’argent, comme les courses hippiques, le loto, le rapido ou le poker, le citoyen lambda se maquille la face d’une moue de mépris quant à la superficialité du joueur. Il méprise cette passion futile, et paradoxalement se permet des mises en garde sur le caractère addictif du jeu.

Certes,je ne le conteste pas, certains souffrent d’une dépendance au jeu… (Peut-être plus exactement aux décharges d’adrénaline générées par celui-ci.)

Toute activité générant du plaisir est susceptible de susciter une dépendance et toute dépendance est potentiellement dangereuse.

On parle aujourd’hui de « jeu responsable » et l’expression me plaît bien.

Pour la plupart des joueurs, le jeu est une forme de détente et d’amusement. Cependant, certains joueurs ne peuvent plus contrôler leurs pulsions. Ils jouent jour et nuit, dépensent beaucoup d’argent au jeu et développent une dépendance au jeu.

La pratique du jeu responsable nécessite la prise de conscience que certaines idées reçues sont fausses et dangereuses.

Je joue au poker depuis 25 ans. Je suis passionné, mais sans dépendance. Pourquoi ai-je été épargné jusqu’à aujourd’hui par l’enfer de la dépendance ? Simplement en ne tombant pas dans certains pièges :

Règle 1 : On ne joue pas au poker pour gagner de l’argent !

(A part pour les joueurs professionnels, mais la problématique est différente !)

Penser le contraire est une erreur monumentale. Si vous désirez gagnez de l’argent, ne jouez pas, travaillez ! (Ma culture judéo-chrétienne est bien ancrée…)
L’explication est simple: Chaque joueur, du débutant au chevronné va parfois gagner, parfois perdre. Pour avoir un bilan positif, il faudrait s’arrêter de jouer après un « gros coup », mais personne n’en a l’envie !

Règle 2 : Il faut savoir accepter d’en perdre un peu !

Beaucoup de joueurs (que ce soit au poker, ou à tout autres jeux d’argent) ne supportent pas l’idée d’avoir perdu (Pas forcément pour le « trou financier » mais plus souvent pour un histoire de fierté) et, pour se « refaire » ils jouent au mépris de la règle 1, pour gagner de l’argent. A ce moment là, il ne s’amuse plus vraiment…

Règle 3 : Se fixer des limites…

Cette règle est indiscutable. Et si on l’associe aux premières règles, on peut voir les choses de façon décontractée en raisonnant ainsi :
J’ai une soirée poker, je vais m’amuser, même si je perds mes 30 euros (ou 5, ou 1500)
Après tout combien coûte une soirée cinéma, ou restaurant ?

Règle 4 : Ne pas compter sur la chance…

La chance existe, je l’ai rencontré.
La malchance existe, je l’ai rencontré.
Inexplicablement il semble exister des « cycles » de chance-malchance. Au poker si j’ai de la chance, c’est que mon adversaire n’en a pas. Ça arrive, mais l’inverse aussi !

En conclusion

On peut passer de bon moments en jouant au poker, en dépensant consciemment, et de façon réfléchie un peu d’argent. Ce n’est pas plus immoral ou risqué que de faire de l’alpinisme par exemple.


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