
La rubrique Echecs du jeudi est de retour après une pause estivale. Le contenu de l’année scolaire précédente est disponible sous la forme d’un livre numérique que vous pouvez télécharger ici
Nous attaquons (c’est le cas de le dire) cette nouvelle période avec une partie extraite d’un très bon ouvrage : L’art du sacrifice aux échecs de Rudolf Spielmann, ouvrage dont je vous cite une partie de l’introduction :

de Rudolf Spielmann
Dans le domaine du problème d’échecs, les différentes combinaisons sacrifices ont été cataloguées depuis longtemps et ont reçu leurs propres noms. Dans la partie, à ma connaissance, une semblable répartition n’a pas encore été tentée. Seules quelques rares combinaisons, comme par exemple le mat de « Legal » possèdent leur propre nom, et pour les autres on fait souvent emprunt aux problémistes, pour des expressions telles « déviation , auto-obstruction », etc.
La tâche des compositeurs est toutefois plus facile. Leurs idées sont préconçues et peuvent être exécutées sans interférence d’aucun adversaire. Le matériel superflu peut être simplement mis à l’écart afin que l’idée fondamentale apparaisse finalement à l’état pur et permette un diagnostic clair. Il en va différemment dans la partie d’échecs. Les combinaisons séparées ou certaines tournures tactiques surgissent de façon plus ou moins fortuite, et dans l’optique du problème, ne sont pratiquement jamais pures ou « économiques », et pour cette raison sont aussi plus difficiles à reconnaître et à cataloguer.
La partie fût jouée en 1929 à Vienne, au cours d’un tournoi opposant l’auteur de ce livre à Hoelinger. Toute la partie est instructive et Spielmann a, dès le 17ème coup un avantage de développement important. (La partie est disponible en PGN en fin de billet)
Voici la position après le 24 ème coup noir.
Solution sous l’image.
24. Ce7+! (comment se notent les coups)

Ce sacrifice (de dégagement) n’est pas refusable 24. … Rh8 25. Dxf8#
En fait les Noirs abandonnèrent pour ne pas subir la variante :
24. … Dxe7

25. Dxh7 Rxh7

26. Th5+ (Et oui cette tour est imprenable le pion g6 étant cloué par le fou d3) Rg8 27. Th8#

La partie en PGN:
Spielmann s’étonnait qu’on ait classé les sacrifices du problème et jamais ceux de la partie. Trois mois plus tard, la rubrique proposait justement un mat qui aurait sa place dans un tel classement : Un mat en 5 coups pas si facile — et c’est une vraie partie, jouée à Brno en 1928.
Le livre numérique dont il est question ici avait été promis trois mois plus tôt, dans le dernier jeudi avant les vacances. Son diagramme d’adieu valait le détour : 2. Dh5 !, un coup qui soustrait la dame aux crocs d’une tour et dévie celle d’en face — deux fonctions en un seul temps.
Deux exemples pour la classification que Spielmann appelait de ses vœux. Le sacrifice le plus ancien de ce blog est celui de Greco, au XVIIe siècle — un mat en deux né trois siècles avant qu’on songe à nommer ces choses. Et pour un sacrifice temporaire, celui dont on récupère le prix, voyez Arnason–Keene : la dame est rendue au coup suivant, et c’est là qu’est le piège.
Curieuse coïncidence de lieu : la Caro-Kann a donné une autre exécution viennoise, dix-neuf ans plus tôt et à onze coups seulement — Réti contre Tartakower, Vienne 1910, où le fou vient mater en d8 après un double échec resté célèbre.



Très instructif même si pour ma part je préfère éviter de jouer le sacrifice de pièces, mais je vais essayer de lire cet ouvrage qui comme tu dis est une référence très connue
.-= abyss´s last blog ..La McLaren MP4-12C, le charme à l’anglaise =-.
« Il vaut mieux sacrifier les pièces de l’adversaire. » Xavier Tartacover.
très judicieux 🙂
.-= abyss´s last blog ..La McLaren MP4-12C, le charme à l’anglaise =-.
Je suis d’accord, cette manière de jouer en sacrifiant quelques pieces est quand même très risqué, si l’adversaire anticipe les mouvements c’est mort :/
bonne technique
Enfin quelqu’un qui a compris l’intéret de twitter.