Affronter Kasparov pour promouvoir les échecs à l’école

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On est d’accord avec moi en Belgique sur l’intérêt du jeu d’échecs à l’école ! Depuis 1993 je milite à ma petite échelle pour que l’intérêt du jeu d’échecs en structure scolaire soit pris en compte.

Ainsi l’introduction de mon mémoire professionnel, rédigé en 1993 était :

Faire partager sa passion est un privilège. Lorsque celle-ci par sa richesse peut aider à l´ épanouissement intellectuel de chacun, ce privilège devient un devoir.

C´est pourquoi j´ai choisi de m´exprimer sur ce sujet en étant conscient des risques que j´encourais à quitter le chemin du classicisme.

« Les échecs sont trop sérieux pour être un jeu et trop futiles pour être une science… » écrivait Flaubert dans son Dictionnaire des idées reçues. Il est en effet solidement ancré dans l´inconscient collectif que jeu et science ne font pas bon ménage.

En Occident le jeu, quand il n’est pas directement assimilé aux vices, prête à sourire : jouer n´est en aucun cas sérieux.

En Orient par contre le jeu rime avec sagesse, le Go est une véritable institution au Japon, il est enseigné dans les écoles, où on y délivre des diplômes de progression. Ce jeu confère une importance sociale à l´individu proportionnellement au niveau acquis.

Jeu de Go

Dans les républiques Slaves, les échecs sont enseignés jusqu´à l´université. Les GMI (Grands Maîtres Internationaux) ont une influence politique considérable. Ainsi, à l´Est le jeu n´est pas comme en Europe synonyme de perte de temps.

Pourtant à l´Ouest, de tout temps, des sociologues se sont penchés sur les bienfaits du jeu pour les tout jeunes enfants. Pauline Kergomard, Inspectrice Générale des Ecoles Maternelles n´écrivait-elle pas, à la fin du siècle dernier: Le jeu est le travail de l´enfant ?

Le jeu de l´enfant n´est pas seulement divertissement ou détente, il est aussi une façon d´être et d´appréhender le monde. Quatre institutrices du territoire de Belfort : Mmes Hutges, Isaac, Jucquin, Verbovski, assistées de leur conseillère pédagogique, Mme Chenderowsky, ont conduit une expérience sur le jeu d´échecs en grande section d´école maternelle.

Les objectifs visés par le projet concernaient différents domaines:

  • le langage
  • la motricité
  • les activités artistiques et créatrices
  • la formation de l´esprit scientifique.

Ce travail très riche et très intéressant a été consigné dans une plaquette éditée par le CRDP de Besançon.

Ainsi, si Pauline Kergomard a fait inscrire le jeu à la première ligne du programme officiel des Ecoles Maternelles dès le 18 janvier 1887, il est totalement banni du système éducatif dès l´entrée au collège (en dehors des activités du foyer socio-éducatif.)

Vous pouvez lire cet réflexion dans son intégralité : ici

Pourquoi évoquer ce travail 15 ans après ?

Simplement parce que je viens de tomber sur ceci :

Pour promouvoir le jeu d’échec, trois chefs d’entreprises – Jan Callewaert (Option), Inge Geerdens (CVWarehouse) et Gabriel Fehervari (Alfacam) – vont offrir la possibilité à des élèves de l’enseignement primaire d’affronter le célèbre joueur d’échec, Gary Kasparov. Les trois chefs d’entreprises plaident pour que les échecs soient enseignés à la fin de l’école primaire.

7s7:lire l’article complet


(clic pour info licence)

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2 réflexions au sujet de « Affronter Kasparov pour promouvoir les échecs à l’école »

  1. Mon fils a eu la chance d’avoir, dès le CP, un professeur d’échecs qui officiait toutes les semaines dans son école.
    Il s’est inscrit, a aimé cela, puis s’est inscrit au club d’échecs de notre ville- dirigé par le professeur de son école – a continué pendant des années avec assiduité. Il est arrivé très bien classé aux championnats départementaux et régionaux, plusieurs années de suite…Et il a toujours conçu la discipline comme un jeu avant tout, car je trouve quand même que certains ont tendance à oublier que c’en est un…

    Les échecs l’ont sans conteste aidé à développer très jeune sa réflexion, ses capacités d’anticipation, et sa concentration. Et parce qu’il était jeune et curieux d’apprendre, le fait qu’il ait eu l’opportunité de rencontrer ce jeu dans son école, a été une vraie chance.

    L’initiative rapportée ici mérite d’être amplement encouragée et soutenue.

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