Article publié en août 2018, mis à jour en juillet 2026 — notamment avec le script sozi_conforme.sh qui automatise désormais la préparation des documents.

Le tableau blanc interactif (TBI, ou VPI pour vidéoprojecteur interactif) s’est imposé dans les salles de classe, et pour de bonnes raisons : meilleure présentation des contenus théoriques, variété des modes d’enseignement, mutualisation des ressources, interactions renforcées entre les apprenants et l’enseignant, mémorisation visuelle, modifications en temps réel, motivation… La liste des bénéfices est longue.
Mais une question se pose dès qu’on prépare ses supports :
Quel est le format de documents le mieux adapté à une diffusion sur TBI ?
L’Éducation nationale comme le monde de l’entreprise utilisent massivement des présentations type PowerPoint. Les résultats sont de qualité… variable. Et ce ne sont pas tant les mauvaises présentations qui m’agacent que leur uniformité : le même schéma, les mêmes karaokés visuels, diapositive après diapositive. J’ai l’impression d’être gavé.
Alors pourquoi ne pas innover ?
Mon choix : le format vectoriel
Contrairement à une image matricielle (bitmap) constituée de pixels, une image vectorielle est décrite par des objets géométriques — segments, courbes de Bézier, polygones — auxquels on applique des transformations. Conséquence concrète sur un TBI : on peut zoomer autant qu’on veut, rien ne pixellise jamais. Les moins jeunes se souviennent de Sodipodi qui, bien avant Inkscape, ouvrait déjà ce chemin.
C’est exactement ce qu’il faut pour un cours : une figure de géométrie reste parfaitement nette qu’on la montre en entier ou qu’on zoome sur un codage d’angle droit.
Et pour en faire une présentation : Sozi
Pour transformer un contenu vectoriel en « présentation », je me tourne vers Sozi. Plutôt que d’enchaîner des diapositives, Sozi définit des vues (zooms, translations, rotations) à l’intérieur d’un unique document SVG. J’obtiens un fichier HTML autonome que je peux déposer sur un site web ou une clé USB : il s’ouvre dans n’importe quel navigateur, y compris sur le poste du TBI, sans dépendre du logiciel propriétaire du fabricant. Huit ans après la première version de cet article, ce choix n’a pas pris une ride.
Nouveau : un script pour préparer ses SVG en une commande
La partie la plus fastidieuse du flux de travail était l’assemblage du SVG de départ : importer chaque capture, chaque figure, chaque décoration dans Inkscape, calque par calque. C’est désormais automatisé : j’ai publié un script bash libre et gratuit qui empile toutes les images et tous les SVG d’un dossier dans un document unique conforme Sozi/Inkscape, un calque nommé par fichier.
👉 À lire : Sozi + TBI : un script bash pour créer vos visuels SVG en un clin d’œil (téléchargement sur GitHub).
Un exemple en situation réelle
Toutes mes leçons sur site2wouf.fr comportent un bloc « TBI & CO » avec les animations Sozi du chapitre. Pour vous faire une idée du résultat :
Pour aller plus loin
Dans certains de ces documents, j’ai ajouté du son en retouchant directement le code HTML exporté par Sozi — un simple éditeur de texte suffit (Notepad++ sous Windows, gedit ou autre sous Linux). C’est l’un des avantages d’un format ouvert : le fichier vous appartient vraiment, et il sera encore lisible dans dix ans, quel que soit le TBI installé dans votre salle.
Vous vous posez des questions, ou vous avez un avis, même éloigné du mien ? N’hésitez pas à commenter !