Les causeries de Poincaré : passer du fini à l’infini

Pourquoi 2 + 2 = 4 n’est pas une démonstration, et pourquoi quarante vérifications ne prouvent rien : Poincaré fait du raisonnement par récurrence « le raisonnement mathématique par excellence ».
L’étiquette « Pédagogie » ne parle ni d’un niveau ni d’un programme, mais de la manière d’enseigner.
On y réfléchit à ce que devient une erreur quand on cesse de la traiter comme une faute, à ce qu’apporte une progression en spirale, à ce que signifie partager un document de mathématiques — et donc sa façon de résoudre. On y croise aussi des portraits de pédagogues et des guides pour progresser.
Elle complète le reste de l’ensemble : Cycle 3 et Cycle 4 pour ce qu’on donne aux élèves, Éducation nationale pour le cadre institutionnel, celle-ci pour la manière.

Pourquoi 2 + 2 = 4 n’est pas une démonstration, et pourquoi quarante vérifications ne prouvent rien : Poincaré fait du raisonnement par récurrence « le raisonnement mathématique par excellence ».

Un coup joué par peur d'une finale, un autre écarté parce qu'il semblait trop lent : deux défaites où Capablanca met en cause son jugement, pas son calcul.

Pourquoi le même signe pour soustraire et pour marquer un négatif ? Whitehead répond en 1911 : parce que −3 n’est pas un nombre, c’est un pas — et parce que ce que cherche le mathématicien, c’est la généralité.

Deux défaites pour ouvrir l'anthologie de ses propres parties : Capablanca annote Marshall 1909 et Rubinstein 1911 sans rien s'épargner.

Le hasard n’est pas la mesure de notre ignorance : Poincaré réfute la phrase qu’on lui prête. Petites causes et grands effets, la roulette qui donne le rouge une fois sur deux quelle que soit la main, et le joueur qui ne fait que couper.

Entre deux fractions il y en a toujours une autre — et pourtant la droite des fractions est trouée. Whitehead, 1911, et la quasi-lacune là où la racine de deux devrait se trouver.

Deux cases noires cédées aux douzième et treizième coups, et la partie est jouée : Capablanca referme la première partie du livre sur l'anatomie d'un « trou ».

En 1904, Poincaré explique aux professeurs qu’une bonne définition est celle que les élèves comprennent, et raconte la scène du cercle dicté en quatrième. Avec un rond qui n’est pas un cercle : le triangle de Reuleaux.

Un pion en c7 qui n'atteindra jamais c5, et toute une espagnole qui s'effondre : Capablanca ouvre son dernier chapitre par une leçon de structure.

Le dernier texte du recueil, et le seul qui parle des enseignants plutôt que des élèves : pourquoi l’imagination ne se distribue pas en heures de formation, et ce que Whitehead appelle « le fait clé de l’éducation ».

En 1908, Poincaré raconte à des psychologues comment ses découvertes lui sont venues : une nuit de café noir, un omnibus à Coutances, une falaise, un boulevard. Et pourquoi l’illumination n’arrive qu’après le travail.

Marshall contre Lasker, 1907 : un coup de tour d'apparence anodine force l'adversaire à priver son propre cavalier de sa meilleure case.