


Celui qui peut, agit. Celui qui ne peut pas, enseigne.
George Bernard Shaw
La phrase est bien de George Bernard Shaw, et l’on sait exactement où : dans Man and Superman (1903), en annexe, parmi les « Maximes pour révolutionnaires », rubrique « Éducation » : « He who can, does. He who cannot, teaches. » Ses voisines ne sont pas plus tendres, comme celle-ci : « Un savant est un oisif qui tue le temps en étudiant. »
Les enseignants ont mis quatre-vingts ans à répondre, mais la réponse est bonne. En 1986, le chercheur en éducation Lee Shulman ouvre un discours resté célèbre en rejetant « M. Shaw et sa calomnie » : « Ceux qui peuvent, font. Ceux qui comprennent, enseignent. » C’est le texte fondateur de ce qu’on appelle les connaissances pédagogiques du contenu : savoir les maths ne suffit pas, il faut savoir comment on se trompe en les apprenant. Entre-temps, Woody Allen avait aggravé le cas dans Annie Hall (1977) : ceux qui ne savent pas enseigner enseignent la gym.
Je suis prof, je porte donc ce T-shirt en connaissance de cause. Il fait très bien en salle des profs, avec la réponse de Shulman prête dans la manche.