Capablanca raconte : le pion arriéré, une faiblesse qui ne se répare pas

Un pion en c7 qui n'atteindra jamais c5, et toute une espagnole qui s'effondre : Capablanca ouvre son dernier chapitre par une leçon de structure.
José Raúl Capablanca (1888-1942), Cubain, fut champion du monde de 1921 à 1927, année où Alekhine le détrôna sans jamais lui accorder de revanche.
On l’a surnommé la machine à jouer. Ses coups paraissaient couler de source, sa technique de finale était réputée sans faille, et il ne perdit qu’une trentaine de parties en carrière.
Portrait : José Raúl Capablanca, auteur inconnu — domaine public, via Wikimedia Commons.

Un pion en c7 qui n'atteindra jamais c5, et toute une espagnole qui s'effondre : Capablanca ouvre son dernier chapitre par une leçon de structure.

Marshall contre Lasker, 1907 : un coup de tour d'apparence anodine force l'adversaire à priver son propre cavalier de sa meilleure case.

Défendre en attendant, c'est déjà perdre : deux finales à quatre tours où Capablanca immobilise les tours adverses et garde les siennes libres.

Une position gagnée perdue en trois coups, puis un gain simple manqué : les finales les plus fréquentes du jeu sont aussi celles qu'on maîtrise le moins.

Attirer les défenseurs sur une aile, puis basculer à l'autre avant qu'ils ne suivent : le principe des deux faiblesses, appliqué aux finales.

Capablanca demande à Sir George Thomas d'annoter sa propre partie, puis commente ses annotations. Un dialogue rare, où l'on juge les raisons plutôt que les coups.

Une pièce qui ne sert à rien vaut une pièce en moins : le fou enterré de Winter, et la remarque de Capablanca sur les coups que l'adversaire vous laisse jouer.

Prendre du matériel, encaisser vingt coups d'attaque sans paniquer, rendre la qualité au bon moment : Capablanca contre Janowski, La Havane 1913.

Pourquoi une menace qu'on n'exécute pas pèse plus lourd que la même menace exécutée — démontré par une partie entière, La Havane 1913.

Pourquoi le trait est déjà un avantage, quand le lâcher, et la règle des attaques contre le roi : en masse, à pleine force, ou pas du tout.

Sept positions de milieu de partie : attaquer avec les tours, puis avec les cavaliers, puis gagner un simple pion — ce qui suffit souvent à gagner la partie.

Le mat le plus laborieux du jeu, en vingt-neuf coups, et la dame contre la tour avec son piège au pat. Le chapitre II se referme.