Capablanca raconte : la peur d’une finale, l’envie d’aller vite

Un coup joué par peur d'une finale, un autre écarté parce qu'il semblait trop lent : deux défaites où Capablanca met en cause son jugement, pas son calcul.
Le manuel que José Raúl Capablanca publie en 1921, l’année même où il devient champion du monde, et qu’on réédite encore un siècle plus tard. Il l’écrit pour des débutants et commence par la fin : les mats élémentaires, puis les finales, parce que c’est sur un échiquier presque vide qu’on voit enfin ce que fait chaque pièce.
Le feuilleton « Capablanca raconte » le relit chapitre par chapitre, position par position.
Personne n’a besoin d’attendre la prochaine méthode : celle-ci est là depuis 1921. Pour trouver une idée nouvelle, lisez un vieux livre.

Un coup joué par peur d'une finale, un autre écarté parce qu'il semblait trop lent : deux défaites où Capablanca met en cause son jugement, pas son calcul.

Deux défaites pour ouvrir l'anthologie de ses propres parties : Capablanca annote Marshall 1909 et Rubinstein 1911 sans rien s'épargner.

Deux cases noires cédées aux douzième et treizième coups, et la partie est jouée : Capablanca referme la première partie du livre sur l'anatomie d'un « trou ».

Un pion en c7 qui n'atteindra jamais c5, et toute une espagnole qui s'effondre : Capablanca ouvre son dernier chapitre par une leçon de structure.

Marshall contre Lasker, 1907 : un coup de tour d'apparence anodine force l'adversaire à priver son propre cavalier de sa meilleure case.

Défendre en attendant, c'est déjà perdre : deux finales à quatre tours où Capablanca immobilise les tours adverses et garde les siennes libres.

Une position gagnée perdue en trois coups, puis un gain simple manqué : les finales les plus fréquentes du jeu sont aussi celles qu'on maîtrise le moins.

Attirer les défenseurs sur une aile, puis basculer à l'autre avant qu'ils ne suivent : le principe des deux faiblesses, appliqué aux finales.

Capablanca demande à Sir George Thomas d'annoter sa propre partie, puis commente ses annotations. Un dialogue rare, où l'on juge les raisons plutôt que les coups.

Une pièce qui ne sert à rien vaut une pièce en moins : le fou enterré de Winter, et la remarque de Capablanca sur les coups que l'adversaire vous laisse jouer.

Prendre du matériel, encaisser vingt coups d'attaque sans paniquer, rendre la qualité au bon moment : Capablanca contre Janowski, La Havane 1913.

Pourquoi une menace qu'on n'exécute pas pèse plus lourd que la même menace exécutée — démontré par une partie entière, La Havane 1913.