

Une fois bien alimenté et correctement vêtu, on sait différencier l’honneur et la honte.
proverbe chinois
Ce n’est pas un proverbe anonyme, et ce n’est que la moitié de la phrase. Elle vient du Guanzi, recueil attribué à Guan Zhong, ministre du royaume de Qi au VIIe siècle avant notre ère, dès son premier chapitre, « Mu min » (« Gouverner le peuple ») :
Quand les greniers sont pleins, le peuple connaît les rites ; quand il a assez à manger et de quoi se vêtir, il connaît l’honneur et la honte.
倉廩實則知禮節,衣食足則知榮辱
En dessinant le T-shirt, je n’en ai gardé que la seconde moitié, et je l’ai signée « proverbe chinois » comme tout le monde. C’est pourtant un texte d’auteur, repris quelques siècles plus tard par l’historien Sima Qian dans ses Mémoires historiques, et que les dirigeants chinois citent encore aujourd’hui. L’idée n’a pas pris une ride : vingt-six siècles plus tard, Brecht fera chanter dans L’Opéra de quat’sous « Erst kommt das Fressen, dann kommt die Moral » — d’abord la bouffe, ensuite la morale — le rapprochement est de moi, pas une filiation.
Le T-shirt applique la maxime dans l’ordre : on commence par s’habiller, la sagesse suit.