
À l’échelle nationale : une première session marquée par une baisse des résultats
La session 2026 du diplôme national du brevet était la première organisée selon les nouvelles modalités de calcul. Les épreuves terminales représentent désormais 60 % du résultat final, contre 40 % pour le contrôle continu. Celui-ci ne repose plus sur les niveaux de maîtrise du socle commun. Mais il repose sur les moyennes annuelles obtenues dans les différentes disciplines en classe de troisième.
Selon les résultats provisoires publiés par la DEPP, 833 956 candidats se sont présentés à la session de juin 2026 et 680 390 ont obtenu leur diplôme. Le taux national de réussite s’établit ainsi à 81,6 %, contre 85,5 % en 2025, soit une baisse de 3,9 points.
| Série | Réussite en 2025 | Réussite en 2026 | Évolution |
|---|---|---|---|
| Série générale | 86,7 % | 83,5 % | −3,1 points |
| Série professionnelle | 75,4 % | 64,8 % | −10,6 points |
| Ensemble des séries | 85,5 % | 81,6 % | −3,9 points |
La baisse est particulièrement forte dans la série professionnelle. Elle s’accompagne également d’un recul des mentions élevées : toutes séries confondues, 37,3 % des candidats ont obtenu une mention « Bien » ou « Très bien », avec ou sans les félicitations du jury, contre 49,1 % en 2025.
Ces chiffres montrent que la nouvelle formule a rendu le résultat final davantage dépendant des épreuves nationales. Ils ne permettent toutefois pas de mesurer séparément l’effet de l’épreuve de mathématiques,. Et encore moins celui de sa nouvelle partie consacrée aux automatismes. À ce jour, la DEPP n’a publié ni moyenne nationale en Mathématiques ni ventilation des résultats entre les 6 points d’automatismes et les 14 points de raisonnement et de résolution de problèmes.
Il serait donc imprudent d’expliquer toute la baisse par les automatismes ou par un sujet particulier. Cette première session constitue néanmoins un signal clair : avec le poids accru des épreuves terminales, la préparation au DNB ne peut plus être considérée comme un simple complément au travail conduit pendant l’année.
Du DNB 2026 au DNB 2027 : une continuité, mais pas une copie conforme
Pour les élèves qui entreront en troisième à la rentrée 2026, l’épreuve de Mathématiques conservera la forme inaugurée lors de la session précédente. Elle durera deux heures, sera affectée d’un coefficient 2 et restera divisée en deux parties distinctes.
- une partie « Automatismes » de 20 minutes, sans calculatrice, notée sur 6 points ;
- une partie « Raisonnement et résolution de problèmes » de 1 h 40, avec calculatrice, notée sur 14 points.
Dans la seconde partie, 2 points continueront à évaluer la clarté et la précision des raisonnements ainsi que la qualité de la rédaction. Les essais et les démarches engagées doivent être pris en compte, même lorsqu’ils n’aboutissent pas à une réponse complète.
La principale évolution réglementaire concerne le périmètre des connaissances évaluées. Jusqu’à la session 2026, les sujets prenaient appui sur l’ensemble du programme de Mathématiques du cycle 4. À partir de la session 2027, les épreuves écrites porteront sur le programme de la seule classe de troisième.
Cette modification ne signifie pas que les acquis de cinquième et de quatrième deviennent inutiles.
- Calculer avec des nombres relatifs,
- manipuler des fractions,
- reconnaître une situation de proportionnalité
- ou lire une représentation graphique
reste indispensable pour aborder les notions de troisième.
En revanche, le sujet ne devrait plus interroger directement un contenu qui ne figure pas dans le programme annuel de cette classe.
Le DNB 2027 ne sera donc pas une nouvelle réforme de l’épreuve de Mathématiques. Il constituera plutôt la deuxième mise en œuvre d’un format désormais connu, avec un programme d’interrogation recentré. Pour le préparer, la session 2026 offre ainsi un premier point d’appui concret, particulièrement instructif dans le domaine des automatismes.
Pythagore et les symétries seront-ils encore évalués en 2027 ?
Le recentrage annoncé sur le programme de la classe de troisième soulève une question qui n’est pas seulement théorique. Que deviendront, dans le sujet du DNB 2027, les notions principalement enseignées au cours des années précédentes ?
Je pense notamment au théorème de Pythagore, traditionnellement étudié en quatrième. Lors de la session 2026, il occupait encore une place importante dans l’épreuve de Mathématiques : les candidats devaient utiliser sa réciproque pour démontrer qu’un triangle était rectangle. Une telle question pourra-t-elle être posée de la même manière en 2027, alors que le sujet doit désormais porter sur le programme de troisième ?
La même interrogation concerne les symétries axiale et centrale. Elles sont abordées bien avant la troisième, mais leurs propriétés restent mobilisées dans de nombreuses configurations géométriques. Faut-il considérer qu’elles sortent du périmètre directement évaluable ou qu’elles constituent des acquis antérieurs indispensables, susceptibles d’être réinvestis dans un problème portant sur une notion de troisième ?
La formulation officielle laisse ici une marge d’interprétation. Une épreuve limitée au programme de troisième ne peut évidemment pas faire abstraction de tout ce qui a été appris auparavant. Résoudre une équation, calculer avec des fractions ou appliquer un pourcentage mobilise également des connaissances construites avant la dernière année du collège.
La difficulté consiste donc à distinguer deux situations :
- interroger directement l’élève sur une notion principalement étudiée en cinquième ou en quatrième ;
- mobiliser cette notion comme un outil nécessaire à la résolution d’un problème relevant du programme de troisième.
Cette distinction mériterait d’être précisée par de futurs sujets zéro ou par des indications complémentaires de l’institution. Elle est d’autant plus délicate que le nouveau programme de Mathématiques du cycle 4, publié en 2026, n’entrera en vigueur en classe de troisième qu’à la rentrée 2028. Les candidats au DNB 2027 resteront donc formés dans le cadre du programme actuellement applicable, initialement conçu à l’échelle de l’ensemble du cycle.
Dans l’attente d’une clarification, il me semblerait imprudent d’écarter Pythagore, les symétries ou les autres acquis des années précédentes de la préparation au DNB. Mais il serait tout aussi imprudent d’affirmer aujourd’hui avec certitude sous quelle forme ils pourront être évalués.
S’entraîner toute l’année, puis organiser le dernier mois
La préparation au DNB ne devrait pas commencer quelques semaines avant l’épreuve. Les automatismes se construisent par des entraînements courts, réguliers et espacés dans le temps. Comme je l’expliquais dans l’article Automatismes en Mathématiques : de la question flash au problème, leur acquisition ne constitue pas une fin en soi : elle doit libérer l’attention nécessaire pour chercher et raisonner. Une séance massive de révision ne remplace donc pas les quelques minutes consacrées chaque semaine au calcul mental, aux fractions, aux équations, à la proportionnalité ou à la lecture de graphiques.
Les questions flash consacrées aux automatismes du DNB peuvent accompagner ce travail pendant toute l’année. Les questions étant générées aléatoirement, l’élève ne peut pas simplement mémoriser une série de réponses. Il doit reconnaître la notion mobilisée et retrouver rapidement la procédure adaptée, sans calculatrice.
Ce travail régulier ne doit pas faire oublier la seconde partie de l’épreuve. Les automatismes n’ont de sens que s’ils permettent ensuite de libérer du temps et de l’attention pour chercher, raisonner et rédiger. Il faut donc leur associer progressivement des exercices plus longs : choisir entre Pythagore, Thalès et la trigonométrie, interpréter un résultat statistique, modéliser une situation par une fonction ou justifier une démarche.
À l’approche de l’examen, la difficulté change de nature. Il ne s’agit plus seulement d’apprendre, mais d’organiser les révisions, de repérer les dernières fragilités et de s’entraîner à respecter le temps imparti. C’est pour cette dernière étape que j’ai conçu un plan pour réviser le brevet de Mathématiques en 30 jours.
Ce parcours propose des séances d’environ trente minutes réparties entre nombres et calculs, algèbre et fonctions, géométrie, données, proportionnalité et algorithmique. Chaque semaine se termine par un bilan associant une session chronométrée d’automatismes et un exercice issu d’un sujet officiel.
Le plan en trente jours ne remplace donc pas le travail conduit pendant l’année. Il en constitue l’aboutissement : un moyen de remettre les connaissances en ordre, de vérifier qu’elles restent mobilisables et d’aborder l’épreuve avec une méthode déjà éprouvée.
Bonne chance aux futurs candidats du DNB 2027
La session 2027 ne bouleversera pas le format découvert en 2026, mais elle en confirmera les exigences : des automatismes solides, une lecture attentive des énoncés, des raisonnements clairement rédigés et une préparation régulière tout au long de l’année.
Quelques incertitudes demeurent encore sur le périmètre exact des notions évaluables, notamment pour les connaissances principalement étudiées avant la troisième. Les futurs sujets et les éventuelles précisions institutionnelles permettront certainement d’y voir plus clair. Cela ne change pas l’essentiel : les acquis des années précédentes restent indispensables pour comprendre et résoudre les problèmes proposés en fin de collège.
Aux élèves qui entreront en troisième, je souhaite donc une année de travail régulier, de progrès et de confiance. Le brevet ne se prépare pas en une nuit, mais chaque question comprise, chaque erreur corrigée et chaque automatisme consolidé rapproche un peu plus de la réussite.
Cette année ne se résume toutefois pas à l’obtention d’un diplôme. Elle doit surtout permettre à chaque élève de mieux connaître ses acquis, ses goûts et ses possibilités, afin de construire son orientation avec réalisme et confiance.
Bonne chance à toutes et à tous pour cette année de troisième, pour la construction de votre orientation et pour le DNB 2027 !