

Le premier homme qui est mort a du être drôlement surpris.
Georges Wolinski
La phrase est partout signée Georges Wolinski, et elle a bien sa manière : une évidence prise au pied de la lettre, qui ouvre sur un gouffre. Je n’ai pourtant trouvé ni l’album ni le dessin d’où elle viendrait ; je la laisse donc à Wolinski, comme le font les recueils, sans lui inventer de source.
La blague repose sur un point de vue impossible. Tous les morts qui ont suivi savaient au moins que cela arrivait ; le premier, lui, n’avait aucun précédent. C’est l’humour le plus noir qui soit, celui qui fait rire de la seule chose dont personne n’a l’expérience. Wolinski est mort le 7 janvier 2015, dans l’attentat contre Charlie Hebdo : la phrase se relit, depuis, un peu autrement.
Le T-shirt ne répondra pas à la question. Mais il la pose, et avec le sourire.