

Un mathématicien est une machine à transformer du café en théorèmes
Alfréd Rényi
La phrase a tout d’une blague de salle des profs, et c’en est une, née à l’Institut de mathématiques de Budapest. On la prête presque toujours à Paul Erdős, le plus caféiné des mathématiciens — à tort. C’est son ami Alfréd Rényi qui l’a dite, et c’est Erdős lui-même qui le racontait, dès une conférence de 1971 consacrée aux enfants prodiges.
La confusion est venue ensuite. Un article de 1984 la donne à « un collègue » d’Erdős, puis le journaliste Paul Hoffman la lui attribue directement en 1987, dans The Atlantic Monthly ; sa biographie d’Erdős a achevé de l’installer. Erdős en fut le grand propagateur, pas l’auteur. Paul Turán, un autre de la bande, aurait ajouté devant un café trop léger : « Ce café-là n’est bon qu’à faire des lemmes. »
Pour une fois, le T-shirt a la bonne signature : c’est bien du Rényi. Reste à le porter une tasse à la main, pour que la machine tourne.
Pour faire connaissance avec le plus caféiné des mathématiciens : Erdős, l’homme qui n’aimait que les nombres, de Paul Hoffman, chez Belin. Une biographie vivante — même si c’est elle qui a fixé la fausse attribution du café.

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