
Les évènements ne sont que l’écume des choses, ce qui m’intéresse, c’est la mer.
Paul Valéry
L’auteur est le bon, la phrase ne l’est qu’à moitié. Paul Valéry a bien écrit « Les événements ne sont que l’écume des choses », et il y tenait : l’image revient trois fois dans Regards sur le monde actuel, de 1932 à 1944. La version la plus nette est dans « Respirer », écrit à la Libération :
Les événements ne sont que l’écume des choses. Les réflexions que l’on fait sur eux sont fallacieuses, et les prétendues leçons qu’on tire de ces faits éclatants sont arbitraires et non sans danger.
La chute, « ce qui m’intéresse, c’est la mer », ne figure ni dans ce recueil ni dans Mauvaises pensées et autres. Elle circule partout sans source : peut-être dans les Cahiers, peut-être un ajout qui prolonge l’image. C’est pourtant cette version-là que j’ai mise sur le T-shirt. Quelques années plus tard, Fernand Braudel emploiera la même image en historien : les événements ne sont que l’agitation de surface, l’écume des vagues que les marées soulèvent.
Le T-shirt garde la mer, faute de preuve contre elle. Portez-le en connaissance de cause : l’écume est de Valéry, la mer est peut-être à vous.

Pour lire « l’écume des choses » dans le texte : Regards sur le monde actuel et autres essais, de Paul Valéry, en Folio essais. L’image y revient trois fois, dont dans « Respirer », écrit à la Libération.
