Au niveau du matériel on a l’égalité, la structure de pions des blancs est plus saine mais leur équidé témeraire semble en fâcheuse posture. Pourtant un seul coup décidera de l’issue de la partie, un coup tellement fort que Lasker (avec les Blancs) obligera Short (homonyme du GMI contemporain) à coucher son monarque, en ce matin brumeux d’avril 1892 (C’est de la « littérature », je ne connais que l’année, alors la météo !)
Solution sous la photo. (Mes deux derniers, ouverture peu orthodoxe, avec sacrifice de qualité sur la cavalier a3 de Arthur 10 ans par Elsa 5 ans)
Non seulement le cavalier n’est pas en danger mais c’est lui qui porte l’estocade : 1. Cf5! 1.0
La prise de la Dame (1. … Dxb4) est réfutée immédiatement par le mat du couloir (2. Txd8#) et même l’échange des tours (avec échec: 1… Txd1+ 2. Txd1) ne fait que reculer l’échéance.
Net et sans bavure !
Magnus Carlsen – Ses 60 meilleures parties
La partie est retrouvée : Emanuel Lasker – R. Short, séance de simultanées à Baltimore, 1892. Le 1. Cf5 ! de l’article est le 22e coup blanc, et Short a bien couché son roi juste après. (lire les coups)
Ce mat du couloir, Lasker n’en est ni l’inventeur ni le dernier utilisateur : le guide pour progresser aux échecs revient sur ces thèmes de rangées et de colonnes, et sur la manière de les apprendre autrement qu’en enchaînant des blitz.