
Les Blancs jouent et matent en 5 coups
La différence entre une vraie partie et un problème (ou un étude), c’est qu’au cours d’une partie personne ne vient vous souffler à l’oreille :
– Passe un peu de temps à réfléchir, il y a un mat !
Bon c’est vrai aussi que dans la position du diagramme, on sent que l’hallali n’est pas loin, et une variante comme 1. Cxd6 cxd6 2. Fh7+ (Comprendre la notation algébrique) a le parfum d’une victoire prochaine…
Cependant après 1. Cxd6 gxh6 2. Cxf7 Txf7 les Noirs en donnant la Dame contre une tour ont reculé le moment fatidique…
Alors finissons-en de suite puisque, je vous le dis, il y a un mat en 5 coups !

de Nicolas Giffard (Auteur), Alain Biénabe (Auteur)
1. Ce7+ est un coup utile !

En effet ce coup :
- active le fou d3
- dévie la Dame Noire de manière forcée
- vole potentiellement la case e7 au Roi Noir en y collant une pièce de la même couleur.
1. … Dxe7

2. Fh7+ ne donne rien de très clair sur 2. … Rh8 alors il faut trouver plus saignant !
2. Th8+ !

Si les Noirs refusent la tour il y a un joli mat avec une attraction :
2. … Rf7 3. Fg6+ Rxg6 4. Dh5#
Et s’ils l’acceptent :
2. … Rxh8 3. Dh5+ Rg8

Les Blancs ont donné deux pièces mais les Noirs eux vont donner leur tête :
4. Dh7+ Rf7 5. Fg6#

Et voilà le plus amusant : ce n’est pas un problème. La position est tirée d’une vraie partie, Fritz Sämisch – Jindřich Engel, jouée à Brno le 7 septembre 1928. Le mat en 5 commence bien par 24. Ce7+, comme annoncé ici — mais Engel n’a pas attendu la fin : il a abandonné après 26. Dh5+.
Si ce mat commence par 24. Ce7+, c’est pour une seule raison : obliger la dame noire à lâcher ce qu’elle garde. C’est le ressort le plus fréquent de cette rubrique, et il revient sous d’autres formes :
- quand le défenseur en fait trop, dans Les Noirs jouent et gagnent — un cavalier qui défend sa dame, attaque celle d’en face et tient un pion, ça fait beaucoup pour une seule pièce ;
- quand la dame doit reprendre et se retrouve elle-même déviée, chez Ivanka–Lazarevic, 1972, où le troisième coup est le seul vraiment difficile ;
- quand ce n’est plus une pièce qu’on dévie mais le roi qu’on attire, dans un mat en 4 coups classiques, trois sacrifices d’affilée pour l’amener en h8 ;
- et quand tout cela porte un nom, chez Spielmann–Hoenlinger, Vienne 1929 — signée de l’auteur qui a justement entrepris de classer les sacrifices.