

On peut avoir une certaine indifférence sur la peine de mort, ne point se prononcer, dire oui et non, tant qu’on n’a pas vu de ses yeux une guillotine.
Victor Hugo
La phrase est bien de Victor Hugo, et elle est coupée à un endroit stratégique. Elle vient des Misérables (1862), tout au début du roman, dans le chapitre « Les œuvres semblables aux paroles ». En entier, elle continue ainsi :
… tant qu’on n’a pas vu de ses yeux une guillotine ; mais, si l’on en rencontre une, la secousse est violente, il faut se décider et prendre parti pour ou contre.
À Digne, un homme vient d’être condamné à mort. Le curé refuse de l’assister ; c’est l’évêque, Mgr Myriel, qui prend sa place, passe la journée avec lui et l’accompagne jusqu’à l’échafaud. La phrase n’est pas de Myriel : c’est le narrateur qui parle, et derrière lui Hugo, adversaire de la peine de mort depuis Le Dernier Jour d’un condamné (1829).
Le T-shirt garde la première moitié, celle de l’indifférence. Le porter, c’est déjà prendre parti.
Pour lire la scène de Digne en entier : Les Misérables, tome I, de Victor Hugo, en Folio classique, dans l’édition d’Yves Gohin. Elle est au tout début, dans le livre premier, « Un juste », consacré à Mgr Myriel.
