

Tous les hommes seraient des tyrans s’ils le pouvaient
Daniel Defoe
La phrase est bien de Daniel Defoe, l’auteur de Robinson Crusoé, et c’est d’abord un vers. On la trouve en 1701 dans The History of the Kentish Petition, une satire contre la Chambre des communes, qui venait d’emprisonner des pétitionnaires du Kent : « Nature has left this Tincture in the Blood, / That all Men wou’d be Tyrants if they cou’d. » Defoe la reprend en 1706 en ouverture de Jure Divino, avec une suite sans appel : si les hommes épargnent leurs voisins, ce n’est pas faute de volonté, mais faute de pouvoir.
Soixante-quinze ans plus tard, la formule change de cible. Le 31 mars 1776, Abigail Adams écrit à son mari John, occupé à fonder les États-Unis : « Remember the Ladies […] Remember all Men would be tyrants if they could. » Elle cite Defoe, mais c’est elle qui a rendu la phrase célèbre, au point qu’on la lui attribue souvent. Chez Defoe, elle visait le Parlement ; chez elle, les maris.
Le T-shirt ne dit pas qui il vise. Selon qu’on le tient de Defoe ou d’Abigail Adams, il se porte contre le pouvoir ou contre les maris.