

L’incrédulité est quelquefois le vice d’un sot, et la crédulité le défaut d’un homme d’esprit
Denis Diderot
La phrase est bien de Diderot, et l’on sait exactement où la trouver : c’est la pensée XXXII des Pensées philosophiques (1746), sa première œuvre personnelle. Elle continue ainsi :
L’homme d’esprit voit loin dans l’immensité des possibles ; le sot ne voit guère de possible que ce qui est. C’est là peut-être ce qui rend l’un pusillanime, et l’autre téméraire.
Tout tient au renversement : on attendrait que le sot croie tout et que l’homme d’esprit doute, et c’est l’inverse. L’intelligence imagine trop de possibles pour les écarter ; la bêtise n’en voit aucun. Juste avant, Diderot écrit que « le scepticisme est donc le premier pas vers la vérité ». Le livre, paru sans nom d’auteur, fut condamné par le Parlement de Paris, le 7 juillet 1746, à être lacéré et brûlé.
Porter la pensée XXXII, c’est avouer une petite crédulité. Elle est en bonne compagnie.
Pour lire le livre que le Parlement de Paris fit brûler : les Pensées philosophiques de Diderot, avec leur Addition, en GF, présentées par Jean-Claude Bourdin. La pensée XXXII y côtoie celle sur le scepticisme, « premier pas vers la vérité ».
