

Le hasard a ses calculs.
Wouf
Pour une fois, l’auteur est facile à vérifier : c’est moi. Après des semaines passées à traquer les fausses attributions de cette boutique — Goethe qui n’a rien dit, Confucius non plus, Virgile encore moins —, il fallait bien finir par signer quelque chose de mon nom.
La phrase pastiche Pascal, évidemment : « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point ». Elle dit pourtant l’inverse d’un mystère. Le hasard n’est pas le domaine où le calcul renonce, c’est celui où il a le plus à dire. On ne sait pas quelle carte viendra, et on sait exactement à quelle fréquence elle viendra ; on ignore le résultat d’un lancer, et on prévoit celui de dix mille. L’imprévisible se plie à l’arithmétique dès qu’on cesse de l’interroger coup par coup.
C’est toute l’affaire des probabilités au collège, qui commencent par ce renversement : calculer ce qu’on ne peut pas prévoir. C’est aussi ce que font les joueurs — au poker, on ne mise pas sur la carte, on mise sur la fréquence. Et si la question vous intéresse pour elle-même, la séquence « Autour du hasard » se demande si le hasard existe vraiment ou s’il n’est que le nom de notre ignorance.
Les quatre enseignes autour de la phrase disent le reste : pique, cœur, carreau, trèfle — 52 cartes, aucune certitude, et des probabilités partout. Le T-shirt est fait pour ceux qui jouent en sachant compter, et pour les professeurs de maths qui voudraient le faire comprendre.