

Que sais-je ?
Montaigne, Essais, livre II, chapitre 12
Trois mots et un point d’interrogation : c’est la devise de Michel de Montaigne. On la trouve dans l’Apologie de Raimond Sebond, le plus long chapitre des Essais, là où il se demande ce que la raison humaine peut vraiment savoir. Les sceptiques, explique-t-il, s’embarrassent dès qu’ils affirment : dire « je doute », c’est encore affirmer quelque chose. D’où sa trouvaille : « Cette fantasie est plus seurement conceuë par interrogation : Que sçay-je ? comme je la porte à la devise d’une balance. »
La balance, ce sont deux plateaux à l’équilibre : rien ne penche, le jugement reste suspendu. Montaigne ne dit pas « je ne sais rien », ce qui serait déjà une certitude ; il pose une question, et la garde ouverte. Quatre siècles plus tard, la formule a donné son nom à une célèbre collection de petits livres de vulgarisation, les « Que sais-je ? » des Presses universitaires de France.
Sur ce T-shirt, la question est écrite en gris et la signature en rouge. Porter un point d’interrogation plutôt qu’une certitude, c’est une élégance rare, et encore le meilleur moyen d’entamer une conversation culturelle.