

La grippe, ça dure huit jours si on la soigne et une semaine si on ne fait rien.
Raymond Devos, Sens dessus dessous
Sa beauté est arithmétique : huit jours et une semaine, c’est presque la même chose, à un jour près. On croit entendre un conseil médical, on n’a entendu qu’un calcul. Devos passait son temps à ce genre de piège — une phrase qui fonctionne parfaitement jusqu’au moment où l’on compte.
Ce qui reste une fois le calcul fait, c’est un fatalisme tranquille : quoi que vous fassiez, la grippe prendra le temps qu’elle voudra. Les sirops, les tisanes, les conseils de la voisine — tout cela occupe le malade sans rien changer à la maladie. Le remède ne guérit pas, il fait passer le temps.
C’est là que Devos console sans en avoir l’air : puisque l’agitation ne sert à rien, on a le droit de ne rien faire. Le T-shirt se porte en hiver, sous la couette, avec la bonne conscience de celui qui a compris qu’il n’y avait rien à comprendre.