Capablanca raconte : quatre exceptions qui en disent long

Deux cavaliers qui ne matent que si l'adversaire a un pion, un fou et un pion de plus qui ne gagnent pas, et un fou qui paralyse un cavalier.
Mikhaïl Tchigorine (1850-1908) fut le meilleur joueur russe de sa génération et disputa deux fois le championnat du monde à Steinitz, en 1889 et 1892.
Il perdit les deux, mais son refus des règles générales au profit de l’examen concret de chaque position a nourri l’école soviétique qui allait dominer le siècle suivant.
Portrait : Mikhaïl Tchigorine, Public domain, via Wikimedia Commons.

Deux cavaliers qui ne matent que si l'adversaire a un pion, un fou et un pion de plus qui ne gagnent pas, et un fou qui paralyse un cavalier.

Le roi noir s'est avancé jusqu'en h6, sa dame est partie en h5, et les deux fous blancs balaient l'échiquier depuis a3 et d3. Steinitz joue, et les Noirs cessent le combat.

Steinitz conduit les Blancs et force le mat en cinq coups. Un exercice de technique pure.

Les Noirs ont perdu leur dame — et pas la partie. Qu'a joué Steinitz ?

1880, en simultanée : trois pions donnés pour l'activité, et un mat en trois coups pour solde de tout compte.

Les Noirs viennent de jouer 21… Cf6 ; un fort coup de Chigorin fait basculer la partie pour de bon.