Overleaf : rédiger en LaTeX en ligne, sans installation et à plusieurs

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Overleaf : rédiger en LaTeX en ligne

Pour beaucoup de professeurs de Mathématiques, LaTeX possède une réputation paradoxale. La qualité de ses formules, la stabilité de ses mises en page et son efficacité pour produire des documents scientifiques sont largement reconnues. Pourtant, le premier contact peut décourager : il faudrait

  • installer une distribution,
  • choisir un éditeur,
  • comprendre la compilation,
  • ajouter des extensions…

avant même d’avoir écrit le premier exercice.

Overleaf change ce point de départ. Tout se déroule dans un navigateur : on crée un projet, on rédige la source LaTeX. Et enfin on obtient le document compilé sans installer d’environnement particulier sur son ordinateur. Le code et le PDF peuvent être affichés côte à côte, ce qui permet d’observer immédiatement les effets d’une modification.

Pour un professeur de Mathématiques, l’intérêt est très concret. Un cours commencé au collège peut être repris à la maison. Un devoir peut être dupliqué pour préparer une nouvelle version. Enfin, un collègue peut être invité à consulter ou à modifier le même projet. Les fichiers restent regroupés au même endroit : source principale, images, bibliographie et éventuelles ressources annexes.

Overleaf ne supprime cependant pas l’apprentissage de LaTeX. Une commande mal écrite reste une commande mal écrite, et les messages d’erreur ne deviennent pas toujours limpides par magie. La plateforme enlève surtout une première couche de difficultés techniques afin que l’utilisateur puisse se concentrer plus rapidement sur la structure et le contenu de son document.

Mais pourquoi choisir cette manière de rédiger plutôt qu’un traitement de texte classique comme LibreOffice Writer ? Avant de parcourir l’interface d’Overleaf, il faut revenir sur cette différence fondamentale. LaTeX et le format ODT ne proposent pas seulement deux outils concurrents, mais deux façons assez différentes de construire un document.

LaTeX ou ODT : deux manières très différentes de rédiger

La différence entre LaTeX et un document ODT ne tient pas seulement au logiciel utilisé. Elle concerne surtout la manière de construire le document.

Dans LibreOffice Writer

Dans LibreOffice Writer, la rédaction est directement liée à la mise en page. On voit le document tel qu’il sera imprimé. On agit immédiatement sur son apparence : taille des caractères, position des images, espacement entre les paragraphes ou largeur d’un tableau. Cette approche visuelle est rapide, intuitive et parfaitement adaptée à de nombreux usages scolaires.

Avec Latex

Avec LaTeX, on décrit d’abord la structure et le sens des éléments. On indique qu’un passage est un titre, qu’une expression est une formule, qu’un bloc constitue un exercice ou qu’une figure doit être insérée. La mise en page est ensuite calculée lors de la compilation selon des règles définies pour l’ensemble du document.

Cette séparation entre le contenu et sa présentation devient particulièrement utile lorsqu’un document se complexifie. Une modification portant sur la numérotation des exercices, la présentation des corrections, le style des titres ou la mise en forme des formules peut être appliquée à l’ensemble du fichier sans reprendre chaque élément manuellement.

Pour un professeur de Mathématiques, l’intérêt apparaît aussi dans la durée. Une même structure peut servir à produire plusieurs devoirs. Elle peut décliner une fiche selon différents niveaux. Elle peut générer une version élève et une version corrigée ou conserver une présentation homogène dans toute une collection de ressources.

Avantages de l’ODT

L’ODT conserve néanmoins de solides avantages. Une correction ponctuelle, un déplacement de bloc ou une retouche très visuelle s’effectuent souvent plus rapidement dans LibreOffice. Le format est également plus familier pour de nombreux collègues, qui peuvent ouvrir et modifier le document sans connaître de commandes particulières.

Il ne s’agit donc pas d’opposer un outil moderne à un outil dépassé. L’ODT privilégie la manipulation directe de la page ; LaTeX privilégie la structure, la cohérence et la réutilisation. Le meilleur choix dépend du type de document, de sa complexité et de la manière dont il devra évoluer.

Choisir LaTeX

Choisir LaTeX comme source de travail ne signifie d’ailleurs pas renoncer aux formats bureautiques. Pandoc, déjà présenté sur ce blog, permet de convertir de nombreux formats documentaires. Un outil plus spécialisé comme make4ht peut également produire de l’ODT ou du HTML à partir d’une source LaTeX. Le résultat demande parfois des ajustements, notamment lorsque le document contient des macros ou une mise en page complexe, mais la source LaTeX n’est pas nécessairement enfermée dans le seul format PDF.

Overleaf ne tranche donc pas le débat entre LaTeX et l’ODT. Il rend simplement la première solution beaucoup plus accessible, en permettant de travailler directement dans un navigateur et d’observer rapidement le résultat produit par la compilation.

Une précision mérite toutefois d’être apportée dans le contexte français. Dans la version 2.0 du Référentiel général d’interopérabilité, approuvée par l’arrêté du 20 avril 2016, le format OpenDocument 1.2 est recommandé pour l’échange de documents bureautiques modifiables. Le RGI considère ainsi l’ODF et le PDF comme deux formats pivots complémentaires : le premier pour les documents destinés à être modifiés, le second pour ceux dont la présentation doit être préservée. Cette recommandation concerne l’interopérabilité des échanges entre administrations, ainsi qu’entre les administrations et leurs usagers ; elle n’impose pas le choix d’un logiciel de rédaction. Il serait donc injuste de présenter l’ODT comme un format dépassé au seul motif que LaTeX répond mieux à certains besoins des professeurs de Mathématiques.

Créer son premier projet : page blanche, modèle ou source existante

Une fois connecté à Overleaf, plusieurs chemins permettent de commencer. Le plus direct consiste à créer un projet vierge. La plateforme fournit alors un fichier minimal contenant déjà la structure indispensable à la compilation : une classe de document, un début, une fin et quelques lignes de texte. Il suffit de remplacer ce contenu par son propre code pour obtenir un premier PDF.

Cette page blanche convient particulièrement à celui qui possède déjà ses habitudes, son préambule ou un modèle personnel de cours et de devoirs. Elle évite d’hériter de commandes inutiles et permet de savoir précisément ce que contient le document. Pour débuter, quelques lignes suffisent d’ailleurs à produire un fichier parfaitement fonctionnel.

La galerie de modèles

La galerie de modèles offre une seconde possibilité. CV, articles scientifiques, présentations, rapports ou documents pédagogiques peuvent servir de point de départ. Ces modèles permettent de découvrir des mises en page élaborées sans devoir tout construire soi-même. Ces modèles doivent néanmoins être considérés comme des exemples à adapter : certains comportent de nombreux fichiers, des extensions spécialisées ou des commandes dont le rôle n’est pas immédiatement évident.

Enfin, Overleaf permet d’importer une source LaTeX déjà existante. Lorsqu’un document tient entièrement dans un unique fichier .tex, il suffit généralement de téléverser ce fichier dans un nouveau projet. C’est la solution que je privilégie chaque fois que cela est possible : un fichier autonome est plus facile à transmettre, à comprendre, à archiver et à reprendre plusieurs années plus tard.

Une archive .zip devient utile lorsque le projet dépend réellement de fichiers externes : images, figures, bibliographie, classe personnelle ou autres ressources nécessaires à la compilation. Overleaf reconstitue alors l’arborescence du projet. Encore faut-il identifier le fichier principal, celui qui contient la commande \begin{document} et à partir duquel le PDF doit être produit.

Importer un projet ne garantit pas qu’il compilera immédiatement. Une image manquante, une extension absente, un chemin propre à l’ancien ordinateur ou une version différente du moteur LaTeX peut provoquer une erreur. Dans la majorité des cas, le journal de compilation fournit cependant les premières indications nécessaires pour corriger le problème.

Projet vierge, modèle ou source personnelle : ces trois portes d’entrée conduisent à la même interface. C’est dans cet espace de travail qu’Overleaf rapproche le code LaTeX, les fichiers du projet et le PDF final.

Du code au PDF : une interface pensée pour la compilation

L’espace de travail d’Overleaf s’organise autour de trois éléments : les fichiers du projet, la source du document et le PDF obtenu après compilation. Cette disposition permet de comprendre rapidement ce qui distingue LaTeX d’un traitement de texte classique : le document affiché n’est pas la page que l’on modifie directement, mais le résultat produit à partir du code.

L’arborescence rassemble les différents fichiers du projet. On y retrouve généralement le fichier .tex principal, mais aussi les images, les fichiers bibliographiques et les éventuelles ressources annexes. Pour une simple fiche d’exercices, un fichier unique peut suffire ; pour un cours plus conséquent, cette organisation permet de séparer les chapitres, les figures ou les commandes personnelles sans perdre la cohérence de l’ensemble.

La zone centrale

La zone centrale permet de travailler avec l’éditeur de code. Overleaf y ajoute plusieurs aides appréciables : coloration de la syntaxe, numérotation des lignes, fermeture automatique de certaines commandes et suggestions lors de la saisie. Ces facilités ne rédigent pas le document à la place de l’utilisateur, mais elles limitent quelques erreurs et rendent la source plus lisible.

L’éditeur visuel

Un éditeur visuel est également proposé. Il permet de modifier certains contenus dans une présentation plus proche de celle d’un traitement de texte, tout en conservant une véritable source LaTeX en arrière-plan. Cette possibilité peut rassurer lors des premiers essais, mais elle ne transforme pas Overleaf en clone de LibreOffice Writer. Dès que le document utilise des commandes personnelles, des environnements particuliers ou une mise en page élaborée, le retour au code reste souvent nécessaire.

Le PDF

Le PDF occupe l’autre partie de l’écran. Une pression sur le bouton de recompilation relit les fichiers du projet et produit une nouvelle version du document. Les séparateurs peuvent être déplacés pour accorder davantage de place au code ou au résultat, et l’affichage peut être limité à l’éditeur ou au PDF lorsque l’écran devient trop étroit.

La navigation entre la source et le document compilé est particulièrement utile. Depuis un passage du code, il est possible de retrouver la zone correspondante dans le PDF et, inversement, de revenir du résultat vers les lignes qui l’ont produit. Sur un devoir de plusieurs pages, cette synchronisation évite de faire défiler longuement le fichier pour retrouver un exercice, une formule ou une figure.

Lorsque la compilation échoue, Overleaf affiche les erreurs et les avertissements rencontrés. Un clic sur un message peut conduire à la ligne concernée. Il faut toutefois conserver un peu de méthode : le message le plus spectaculaire n’est pas toujours la cause première du problème. Une accolade oubliée ou une commande mal fermée peut provoquer une cascade d’erreurs plusieurs lignes plus loin. Corriger d’abord la première erreur signalée reste généralement la meilleure stratégie.

Cette interface ne supprime donc ni le code ni les exigences de LaTeX. Elle rend simplement leur fonctionnement plus visible : on modifie une source, on la compile, on observe le résultat et l’on corrige si nécessaire. Après quelques essais, ce cycle devient naturel et permet de se concentrer sur ce qui intéresse réellement le professeur de Mathématiques : construire des cours, des exercices et des évaluations propres, cohérents et faciles à réutiliser.

Préparer cours, devoirs et corrigés depuis n’importe quel ordinateur

L’intérêt d’Overleaf ne réside pas seulement dans l’absence d’installation. La plateforme permet surtout de retrouver le même environnement de travail depuis différents ordinateurs. Un devoir commencé au collège peut être repris à la maison sans avoir à transporter une clé USB, à s’envoyer des fichiers par courriel ou à vérifier quelle copie est la plus récente.

Cette continuité devient particulièrement appréciable lorsque les documents évoluent par petites étapes. On peut préparer la structure d’une évaluation, ajouter quelques exercices plus tard, corriger une formulation depuis un autre poste puis compiler immédiatement une nouvelle version du PDF. Les fichiers nécessaires restent rassemblés dans le projet et les modifications sont enregistrées au fur et à mesure.

TeXstudio

Pour ma part, je travaille principalement en local avec TeXstudio. Overleaf ne remplace donc pas mon environnement habituel, mais il m’a déjà rendu service à plusieurs reprises : depuis le collège, j’ai pu corriger une coquille repérée dans un document, recompiler le PDF et disposer immédiatement d’une version propre, sans attendre de retrouver mon ordinateur personnel.

Overleaf facilite également la réutilisation.

Un ancien devoir peut être dupliqué pour servir de point de départ à une nouvelle évaluation. On conserve alors le préambule, les commandes personnelles, les environnements d’exercices, la présentation du barème ou la mise en page de l’établissement, tout en remplaçant uniquement le contenu devenu obsolète.

Cette logique est particulièrement efficace pour construire progressivement une bibliothèque de modèles : devoir surveillé, interrogation courte, fiche de révision, activité de recherche, correction détaillée ou document destiné à être projeté en classe. Chaque nouveau document ne repart plus entièrement de zéro ; il s’appuie sur une structure déjà testée et maîtrisée.

LaTeX permet aussi de produire plusieurs versions à partir d’une même source. Avec quelques commandes bien choisies, un professeur peut prévoir une version élève et une version corrigée, afficher ou masquer les solutions, modifier certaines données numériques ou préparer plusieurs sujets dont la présentation reste identique. Overleaf n’invente pas ces possibilités, mais il rend leur utilisation plus confortable en centralisant la source et les fichiers associés.

Un minimum de discipline

Cette organisation demande néanmoins un minimum de discipline. Des noms de projets explicites, une arborescence raisonnable et quelques commentaires dans le code évitent de transformer le compte Overleaf en empilement de fichiers impossibles à retrouver. Une convention simple peut suffire : niveau, thème, type de document et année scolaire.

Il reste également prudent de conserver des copies locales des sources importantes. Un projet Overleaf peut être téléchargé sous forme d’archive afin d’être sauvegardé, transmis ou compilé dans un environnement LaTeX installé sur un ordinateur. Le service en ligne simplifie le travail quotidien, mais il ne doit pas devenir l’unique lieu de conservation de plusieurs années de ressources pédagogiques.

Cette mobilité et cette capacité de réutilisation sont déjà précieuses pour un travail individuel. Overleaf va toutefois plus loin : un projet peut aussi devenir un véritable espace de rédaction partagé avec d’autres utilisateurs.

Partager un projet et travailler à plusieurs

Overleaf permet d’inviter d’autres utilisateurs à consulter ou à modifier un projet. Plusieurs personnes peuvent ainsi intervenir sur la même source, sans multiplier les versions envoyées par courriel ni se demander quel fichier est le plus récent.

Cette collaboration trouve un usage très concret lors de la préparation d’un brevet blanc. Chaque collègue peut proposer un exercice, relire les consignes, vérifier la cohérence du barème ou corriger une coquille directement dans le projet commun. Des commentaires peuvent également être ajoutés sans modifier le texte, afin de discuter d’un choix ou de signaler un point à reprendre.

Overleaf évite alors le traditionnel empilement de fichiers intitulés brevet_blanc_final, brevet_blanc_final_2 ou brevet_blanc_vraiment_final. Tout le monde travaille sur la même version, et le PDF peut être recompilé après chaque modification.

Dans la pratique, cet aspect collaboratif n’est sans doute pas décisif pour tous les documents d’un professeur de Mathématiques. Mais pour un devoir commun, un brevet blanc ou une ressource construite à plusieurs, il offre un cadre bien plus propre qu’une succession de pièces jointes.

Cette possibilité pose toutefois une question importante : que permet exactement l’offre gratuite, et à partir de quel moment ses limites deviennent-elles gênantes ?

Partager un projet et travailler à plusieurs

Overleaf permet d’inviter d’autres utilisateurs à consulter ou à modifier un projet. Plusieurs personnes peuvent ainsi intervenir sur la même source, sans multiplier les versions envoyées par courriel ni se demander quel fichier est le plus récent.

Cette collaboration trouve un usage très concret lors de la préparation d’un brevet blanc. Chaque collègue peut proposer un exercice, relire les consignes, vérifier la cohérence du barème ou corriger une coquille directement dans le projet commun. Des commentaires peuvent également être ajoutés sans modifier le texte, afin de discuter d’un choix ou de signaler un point à reprendre.

Overleaf évite alors le traditionnel empilement de fichiers intitulés brevet_blanc_final, brevet_blanc_final_2 ou brevet_blanc_vraiment_final. Tout le monde travaille sur la même version, et le PDF peut être recompilé après chaque modification.

Dans la pratique, cet aspect collaboratif n’est sans doute pas décisif pour tous les documents d’un professeur de Mathématiques. Mais pour un devoir commun, un brevet blanc ou une ressource construite à plusieurs, il offre un cadre bien plus propre qu’une succession de pièces jointes.

Cette possibilité pose toutefois une question importante : que permet exactement l’offre gratuite, et à partir de quel moment ses limites deviennent-elles gênantes ?

Une offre gratuite suffisante pour travailler seul, plus limitée pour collaborer

Les tarifs et les fonctionnalités présentés dans cette section ont été vérifiés le 6 août 2026. Comme toute offre commerciale, ils sont susceptibles d’évoluer.

L’offre gratuite d’Overleaf permet de créer un nombre illimité de projets et d’utiliser les principales fonctions nécessaires pour rédiger et compiler un document LaTeX. Pour un professeur qui travaille seul, importe ponctuellement une source ou souhaite corriger une coquille depuis un autre ordinateur, elle peut donc suffire pendant longtemps.

La principale restriction apparaît au moment de la collaboration : le propriétaire d’un projet gratuit ne peut inviter qu’une seule personne à travailler avec lui. La limite s’applique à chaque projet, et non à l’ensemble du compte. Deux collègues peuvent donc préparer ensemble un devoir, mais l’offre gratuite devient insuffisante dès qu’une équipe plus nombreuse souhaite construire un brevet blanc dans un même espace.

L’historique est lui aussi limité. Avec un compte gratuit, Overleaf permet de retrouver les modifications effectuées au cours des dernières vingt-quatre heures ainsi que les versions que l’utilisateur a explicitement nommées. L’accès à l’historique complet et le suivi détaillé des modifications sont réservés aux abonnements payants.

La compilation bénéficie également de moins de ressources dans l’offre gratuite. Overleaf parle d’un délai de compilation « basique », sans lui attribuer une durée fixe sur sa page tarifaire. Les formules payantes annoncent un délai maximal vingt-quatre fois plus long ainsi qu’une vitesse de compilation supérieure. Pour un devoir classique, cette différence passera souvent inaperçue ; elle peut devenir importante avec de nombreuses images, des graphiques complexes ou des traitements particulièrement lourds.

Standard, Pro… et une formule Student qui ne concerne pas les enseignants

Au 6 août 2026, l’abonnement individuel Standard est proposé à 19 € par mois, ou 179 € par an, soit 14,95 € par mois avec un paiement annuel. Il autorise jusqu’à dix collaborateurs par projet et donne accès à l’historique complet, au suivi des modifications ainsi qu’aux intégrations avec des services comme Git, GitHub, Dropbox, Zotero ou Mendeley.

L’offre Pro coûte 39 € par mois, ou 369 € par an, soit 30,75 € par mois avec un engagement annuel. Elle permet d’inviter un nombre illimité de collaborateurs par projet. Pour la préparation occasionnelle d’un document pédagogique, son tarif paraît difficile à justifier ; elle s’adresse davantage aux utilisateurs intensifs et aux équipes travaillant régulièrement sur des projets complexes.

Une formule Student moins chère est également affichée à 9 € par mois ou 87 € par an. Malgré son nom parfois tentant dans un contexte éducatif, elle est réservée aux étudiants inscrits dans un établissement délivrant des diplômes : elle ne constitue donc pas une réduction destinée aux enseignants.

Pour un projet collaboratif, tous les participants n’ont pas nécessairement besoin de payer. C’est l’abonnement du propriétaire qui détermine les possibilités du projet : si celui-ci dispose de l’offre Standard, il peut inviter jusqu’à dix collègues, lesquels bénéficient dans ce projet de l’historique complet et du suivi des modifications. Leurs propres projets restent toutefois soumis aux limites de leur compte personnel.

Une petite couche d’intelligence artificielle, même gratuitement

Depuis juillet 2026, Overleaf AI est intégré à l’ensemble des formules. Le compte gratuit comprend cinq utilisations quotidiennes réparties entre les outils disponibles, mais pas l’assistant conversationnel complet. L’offre Standard porte cette limite à dix utilisations par jour et inclut l’AI Assistant ; l’offre Pro annonce une utilisation maximale soumise à une politique d’usage raisonnable. Cette évolution rapproche Overleaf de services comme Prism, sans faire de l’intelligence artificielle le cœur de son offre gratuite.

En résumé, l’offre gratuite est réellement utilisable et ne constitue pas une simple démonstration bridée. Elle convient très bien à un usage individuel et permet même une collaboration à deux. Sa limite devient surtout visible lorsqu’une équipe entière souhaite travailler sur un brevet blanc, suivre précisément les contributions de chacun ou retrouver un état ancien du document.

Les caractéristiques et tarifs actualisés peuvent être consultés sur la page officielle des abonnements Overleaf.

Overleaf, un outil pratique qui ne remplace pas tout

Overleaf simplifie considérablement l’accès à LaTeX, mais il reste un service en ligne. Son utilisation suppose une connexion, un compte et une certaine confiance accordée à une plateforme extérieure. Il serait donc imprudent d’y laisser plusieurs années de cours et de devoirs sans conserver de copies personnelles.

Les projets importants peuvent être téléchargés avec l’ensemble de leurs sources et de leurs fichiers annexes. Cette sauvegarde permet de les archiver, de les transmettre ou de les compiler plus tard dans un environnement local.

Overleaf ne rend d’ailleurs pas inutile une installation classique de LaTeX. Je continue, pour ma part, à travailler principalement avec TeXstudio, qui offre davantage de maîtrise sur les fichiers, les outils employés et l’organisation de mes documents. Il intervient plutôt comme un complément précieux : pour commencer sans installation, travailler depuis un autre ordinateur, partager un projet ou corriger rapidement une coquille au collège.

Overleaf, une porte d’entrée convaincante vers LaTeX

Overleaf ne rend pas LaTeX aussi immédiat qu’un traitement de texte classique. Il faut toujours apprendre quelques commandes, comprendre la compilation et accepter que certaines erreurs demandent un peu de patience. La plateforme retire cependant une difficulté importante : celle de devoir installer et configurer tout un environnement avant de pouvoir produire son premier document.

Pour un professeur de Mathématiques, l’offre gratuite permet déjà de rédiger des cours, des fiches d’exercices, des évaluations et leurs corrigés depuis n’importe quel ordinateur. La collaboration à deux est possible, les projets peuvent être dupliqués et une source existante peut être importée sans bouleverser ses habitudes de travail.

Overleaf constitue ainsi une excellente porte d’entrée vers LaTeX, mais aussi un complément pertinent à un environnement local. Chacun peut commencer modestement, à partir d’un modèle ou d’un document déjà fonctionnel, puis construire progressivement sa propre bibliothèque de ressources.

Une fois la source créée, une autre question se pose toutefois : que faut-il transmettre à un collègue ? Un PDF prêt à consulter et à imprimer, un fichier ODT familier ou une source LaTeX qu’il pourra réellement modifier, adapter et se réapproprier ? Ce sera l’objet d’un prochain article.

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