


Le comptable remarquera tout de suite que le bilan n’est pas équilibré : Les Noirs ont un pion et une qualité de retard. Mais ils ont dans leur manche deux gros atouts : Une redoutable paire de fous qui louchent sur le monarque ennemi et un pion en septième. (En fait la deuxième rangée, mais c’est le septième ciel pour les Noirs).
C’est surement le moment pour eux de sonner l’hallali : Il faut battre son frère quand il est chaud !
Solution sous la photo
Vous avez probablement trouvé :
31 … Dxc4 32 Fxc4 Fxc3+ (lire les coups)
et arrêté votre réflexion…
A tort !!!
Par 33 Db2, les blancs restituent la dame offerte et… tout reste à faire. Non ?
Effectivement 33… Fxb2+ 34 Rxb2 n’est donc pas la solution, mais la pointe, ce qu’il fallait avoir vu en jouant le sacrifice temporaire de Dame est le joli :
33 … Fxe1 :
La menace est maintenant 34 … Fc3 35 Dxc3 e1D+ 36 Dxe1 Txe1+ qui reste avec une tour de plus et un gain de routine. D’où :
34 Fxe2
et 35 … Fg3
Les Blancs abandonnent, ils ne peuvent rien contre 36… Fe5 qui regagne la Dame avec les intérêts !
Compléments :
La partie est retrouvée, et l’adversaire d’Arnason n’était pas King mais Raymond Keene : Lloyds Bank open, Londres, 29 août 1981. La solution donnée ici est exactement la fin de la partie, coups 31 à 34, et les Blancs ont abandonné après 34… Fg3.
Sacrifice temporaire, comme il est dit plus haut : la dame est rendue au coup suivant. C’est justement cette distinction — entre le sacrifice dont on revoit le prix et celui qu’on ne revoit jamais — que Spielmann entreprenait de mettre en ordre dans son Art du sacrifice.





